Souvenirs d’ailleurs fin


Mercredi  3 août 2011

à 10 heures 22° et pluie

vent 5 km/h mais tempète tropicale annoncée


Le temps pourri en dents de scie continue, heureusement qu’on nous avait prédit un été sec et canniculaire…

On ne sait vraiment plus à quel saint se vouer. Le youpi ci-dessous n’est pas dédié à la météo, mais à la fin

heureuse de mes


Souvenirs d’ailleurs (fin)   

 

 

Suite et fin de l’imbroglio de mon attaque, l’hémorragie cérébrale et de mon retour parmi les…  plus ou moins normaux, youpiiii… 

 

 Souvenirs d’ailleurs  bis 4 et fin provisoire     

      

Je change d’hôpital, on me met à Gravelone pour la rééducation.

Je suis sur une chaise roulante, on me met dans un petit bus, je roule à travers de la ville de Sion. Je reconnais bien les rues, les magasins. Comme il y a beaucoup de circulation…… est-ce que c’était la même chose „avant“ ?

On grimpe sur les hauteurs, c’est vrai, on m’avait dit que Gravelone se trouvait un peu en dessus de Sion.

Le bus s’arrête, le chauffeur ouvre ma porte, il descend ma chaise, la pousse dans la direction d’une grande porte, est-ce la porte de ma nouvelle prison ?

J’attends dans ma chaise roulante.

Une infirmière vient me chercher, on prend l’ascenseur, on monte, on ne me laissera donc pas au sous-sol, elle me met dans une chambre, m’aide à m’étendre sur le lit.

Ma nouvelle chambre d’hôpital, elle est moins moderne que celle de Champsec mais elle me plait, le soleil l’inonde, la vue par la fenêtre est magnifique.

Il n’y a qu’un seul lit, j’ai donc une chambre pour moi tout seul ! On me sert à dîner, je peux choisir parmi plusieurs menus, c’est formidable !

Après le repas c’est la catastrophe, il parait qu’on c’est trompé, ce n’est pas ma chambre ! 

Avec mon lit on m’embarque, presque au pas de course on me pousse dans le couloir, dans une autre chambre, une chambre à six lits. Des rideaux permettent d’isoler tant soit peu l’un de l’autre, lugubre…

*   *   *


Je change souvent de chambre, mon boulot m’y oblige, aujourd’hui ici, demain ailleurs.

Les premiers temps mes hôtels étaient plutôt sordides, un lit, un chevet et une chaise bancale étaient souvent mon seul univers les journées de travail terminées. Douches et toilettes se trouvaient dans le couloir.

Par la suite cela c’est amélioré, j’ai pu me permettre de descendre dans des hôtels plus accueillants, les lits étaient plus confortables, il y avait une table, des lampes me permettaient de travailler, d’écrire mes rapports, plus tard il y avait même la télévision et le téléphone et naturellement douche et WC.

Généralement j’étais tellement fatigué que je ne mettais pas long à plonger dans les bras de Morphée !                                                    

*   *   *

Une doctoresse vient m’ausculter sur mon nouveau lit, elle tire le rideau d’un crème pisseux qui entoure mon plumard, c’est ce qu’ils font certainement lorsque un malade arrive au bout de son calvaire…. ce n’est quand même pas encore mon tour ?

Non, la doctoresse trouve que je suis en pleine forme…… elle oublie de dire en forme de quoi.

On me promet une autre chambre, je ne crois pas que je supporterais longtemps d’être entassé dans celle-ci.

Finalement j’ai quand même reçu une chambre pour moi tout seul, j’y suis bien.

Je m’habitue à ma chaise roulante, ce n’est pas évident de la diriger lorsque l’on a un côté du corps qui ne veut pas !

Mes journées sont assez bien remplies entre les séances de physio ou de Logo, les passages des toubibs, les repas et les visites. 

Aujourd’hui je me suis vu dans ma chaise roulante, une porte vitrée faisait un effet miroir. J’en suis donc réduit à cela… ce petit tas informe, tout tordu, qui se déplace tant bien que mal par saccades désordonnées. Si c’est cela ma vie à l’avenir… 

*   *   *

Un orthopédiste est venu prendre mes mesures pour des chaussures qui me permettront de marcher. Je ne sais pas si j’en suis content, d’un côté je crois qu’oui, d’un autre je sens comme une confirmation définitive que je ne suis plus comme avant.

*   *   *

Les berges du Rône plaisent bien à Kaly, à moi aussi d’ailleiurs. Cela me permet de faire un peu de  marche, j’aime cela et je sens que j’en ai besoin. Pendant que je fais le parcours une fois, Kaly le fait 3 à 4 fois, ses aller-retours continuels l’allonge d’autant. Généralement je termine ma promenade en nage. Après la douche „vite“ encore un peu au bureau il y a toujours du boulot qui m’y attend. Lorsque je remonte à l’appartement je suis de nouveau trempe de transpiration, c’est moins agréable qu’après la promenade, trop de tension à la préparation de la journée de travail de demain…

*   *   *

 Grâce aux chaussures orthopédiques je marche chaque jour un peu mieux. Avec un moniteur de physio je grimpe les escaliers de l’hôpital et je parcours les sentiers du parc derrière le bâtiment, il me dit que dans peu de temps je marcherais comme avant……

L’assistante sociale m’a dit que je devais m’annoncer à l’AI, l’Assurance Invalidité !! Je lui dis que je ne voulais pas, que cela n’en valait pas la peine, dans peu de temps je travaillerais de nouveau……

L’Assurance – invalidité !  C’est pour les invalides, je ne suis pas invalide, je suis valide, en convalescence, pas invalide….. !

*   *   *

Depuis que mon bureau à Bâle est équipé d’un lit il arrive de plus en plus souvent que j’y dors.

Lorsque je vais à la maison j’ai l’impression d’y aller en visite, sauf qu’en visite on ne travaille pas……

*   *   *

Lors de la visite des toubibs ce matin ils m’ont dit que samedi prochain je pouvais aller à la maison pour le week-end, en visite….. Je suis fou de joie, revoir la maison, Kaly, les voisins…… je n’y croyais plus tellement !

Christiane est venue me chercher en voiture, je peux m’asseoir sur le siège de devant, ma chaise roulante est dans le coffre.

Voici Conthey, „ma“ rue, „ma“ maison „ma“ chienne, rien n’a changé, sauf moi…….. Kaly fait très attention à moi, c’est comme si elle comprenait ce qui m’est arrivé, elle qui sait être une vraie brute, elle est toute douce.

Je me déplace partout dans ma chaise roulante, aucun pas-de-porte n’entrave mes mouvements. Je visite chaque chambre, chaque recoin, je touche tout, hume tout. Comme cela sent bon, ça sent „ la maison“, c’est bon !

*   *   *

C’est aujourd’hui, lors de la grande visite du médecin en chef, des docteurs, physiothérapeutes, logothérapeutes et autres infirmières que la décision va tomber. La décision si je peux rentrer à la maison ou pas.

J’ai peur……..  et si je dois encore rester…… s’ils ont découvert quelque chose qui cloche……. quelque chose qui m’oblige à rester…… ?

Les voilà, ils arrivent, je les entends discuter dans le couloir.

Il faut que j’aie l’air en forme, en pleine santé.

Je dois leur montrer comme je sais bien marcher…..

Ostensiblement j’ai posé à côté de moi le livre que je suis en train de lire, un roman policier.

Je sais de nouveau lire, je dois donc pouvoir aller à la maison !

*   *   *

J’ai réussi l’examen, je suis rentré définitivement à la maison.

J’ai retrouvé ce qui formait mon univers „avant“.

Ma femme, ma chienne, mon appartement, mon fauteuil, ma terrasse, mon bureau.

Bientôt je retrouverais ma voiture, mes cliens.

La vie est belle.

La vie reprend.

Je le veux !

Je le crois……

Je ne sais pas encore que c’est le début d’une fin……

* * * * * * *


 

 

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