C’est le bouquet + Apprentissage de raison


 

 

 

  On est jeudi le 4 Décembre 2008

il est 10 heures sur mon balcon il fait ?°

 

 

Salut toi, voici la suite de mes souvenirs "Raconte grand-papa, raconte…". Souviens toi, j’ai arrêté mon récit l’autre jour quand j’ai quitté la clinique de Sierre, c’était pour aller en convalescence à Montana, et alors… 

 

C’est le bouquet…

Le "Fleurs des Champs" est un peu comme une colonie de vacances pour enfants et adolescents convalescents. Comme à la clinique à Sierre, ce sont également des sœurs religieuses qui y travaillent. Les cures de repos quotidiennes, au lit ou sur une chaise longue sur le balcon ne me plaisent pas trop. Je préfère bouger, marcher, même si c’est avec des béquilles, mais marcher…! J’ai un sacré retard à rattraper, c’est comme si je devais me prouver chaque jour que je savais, que j’étais capable de marcher…  

Le toubib qui m’avait soigné à Sierre était aussi médecin en chef de la clinique "La Moubra" à Montana. Je devais régulièrement y aller me faire ausculter. Chaque fois j’avais la trouille, surtout quand on me faisait une radiographie, et si ça recommençait… ? 

Je me souviens vaguement de m’être fait gronder par mon docteur: je devais mieux laver les doigts de pied gauche (ils dépassaient du plâtre) paraît qu’ils commençaient à pourrir…  À cause de mon plâtre je n’arrivais pas à atteindre les doigts de pied. Je pense que des responsables ont dû se faire sonner les cloches.

Je me souviens aussi d’une kermesse à "Fleurs des champs". Assis sur une chaise devant une porte marquée "Exposition d’art ancien et d’art nouveau" je devais contrôler si tout le monde avait son ticket. Une fois passé la porte, les visiteurs se trouvaient devant deux rideaux, l’un marqué "Art nouveau", il cachait un tableau à la Picasso et l’autre marqué "Art ancien" s’ouvrait sur un morceau de lard fumé, c’était du lard ancien…

Le meilleur souvenir de mon temps à Montana est celui de l’enlèvement de mon plâtre. Tout d’abord c’est presque avec horreur que j’ai découvert une jambe maigrichonne toute mâchurée de talc. Sans plâtre,  je n’arriverais jamais à tenir debout sur "ça" !

Mais "ça" tenait !  Je n’avais plus besoin d’artifices pour marcher. J’étais de nouveau normal…

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Un autre souvenir mélancolique de ce séjour de reconvalecence : Les "Petits chanteurs à la croix de bois" donnaient un concert à Crans. Nous y avons été invités. Cela se passait en plein air, le soir, il faisait déjà nuit quand nous nous sommes installés en demi-cercle dans l’herbe. J’ai eu la chair de poule quand ils ont entonné la chanson " À la claire fontaine"… il y a longtemps que je t’aime… je tentais désespérément d’accrocher le regard de celle qui faisait battre mon cœur plus vite… c’était une également une pensionnaire des "Fleurs des Champs", une "vieille", je crois bien qu’elle avait deux ans de plus que moi. Je n’ai jamais osé lui déclarer ma flamme !

Tu  te rends compte, si j’avais osé… je n’aurais peut-être pas connu ta grand-maman et tu ne serais peut-être pas là… (Lecteur,  souviens-t’en, ceci est un extrait de "Raconte grand-papa, raconte…" souvenirs que j’avais écrits à l’intention de mes petits-enfants).

À quoi ça tient, une vie…

Elle est quand même bien foutue, la vie !

 

Apprentissage de raison

Après ma longue maladie il était temps de penser à apprendre un métier. Tout ce qui demandait un effort physique m’étant interdit je ne savais vraiment pas que faire. Ce que j’aimais n’entrait plus en ligne de compte, maman me proposait coiffeur… j’ai longtemps hésité. Finalement je me suis dit qu’il était plus intéressant de gratter du papier que de gratter le crâne des gens. Je me suis décidé pour un apprentissage d’employé de commerce. Je pensais que cela constituerait une base qui pourras toujours m’être utile.

052apprentissage

Je savais qu’en aucun cas je resterai toute ma vie assis dans un bureau, non, je ne serais pas rond-de-cuir !

Je suis donc entré en apprentissage de scribouillard dans une entreprise de Sierre en sachant pertinament que ce n’était que du provisoire. Ce n’était pas du tout un boulot qui m’enthousiasmait. Un travail de raison, alors je le faisais raisonnablement, sans plus.

Rien d’extraordinaire ne me vient à l’esprit quand je repense à ces trois ans d’apprentissage.

Si, une chose, ma première cuite !  Le patron avait organisé une sortie raclette pour les employés. C’était ma première raclette, j’étais le plus jeune, tout le monde m’expliquait qu’il ne fallait jamais boire de l’eau en mangeant la raclette, que cela risquait de me rendre malade.

Il faisait très chaud, en plein air, sur cet alpage au dessus de St Luc, au                 Val d’Anniviers. J’avais très soif… le fromage était salé… il me restait rien d’autre à faire que de calmer ma soif avec le vin qui coulait à flots. C’était la première fois de ma vie que je buvais ce liquide qui faisait un peu la réputation du Valais. Ce n’était pas bon du tout, mais au courant de l’après-midi il me semblait que cvela devenait de plus en plus bon…

Comme à l’aller, le retour s’est fait sur le pont du camion de l’entreprise. Les bouteilles circulaient de l’un à l’autre… j’avais toujours autant soif…

Je ne me souviens pas comment je suis rentré à la maison. Le lendemain, maman m’a raconté qu’elle avait trouvé mes habits éparpillés de la porte d’entrée jusqu’à mon lit où je ronflais comme un bienheureux. Je me suis juré que jamais plus je ne recommencerais…

Aux cours professionnels j’ai retrouvé une vieille connaissance, mon ancien maître de l’école primaire. C’est lui qui nous donnait les cours d’allemand. Je me suis en quelque sorte vengé de la "dictature"  qu’il exerçait sur nous à l’école primaire : Quand nous avons dû faire une conférence, j’ai choisi comme thème le communisme. J’expliquais, en long et en large, que c’était la seule justice sociale. Je me souviens des longs applaudissements de mes copains de cours pourtant pas du tout d’accord avec mes propos, quand je terminais en m’écriant : "Heureusement qu’il existait des communistes, sans quoi nous serions tous en train de faire des exercices au pas cadencé, mais cette fois en direction des fours crématoires" !

Eux aussi se souvenaient que, pendant la guerre ce prof tentait de nous inculquer la doctrine hitlérienne et nous faisait marcher au pas cadencé pendant les récréations !

Pauvre vieux maître d’école, je ne sais pas s’il a compris mes allusions ?

J’ai terminé mon apprentissage en obtenant mon certificat de capacité. Comme prévu, je n’ai jamais travaillé longtemps dans un bureau.

Et pourtant, je n’ai jamais regretté d’avoir appris ce métier, d’avoir fait cet apprentissage de raison. Finalement il m’a permis, par la suite, d’exercer une profession qui me plaisait. 

 

                                 tulipe triste

 

One Comment

  1. Aschi
    Posted 5 décembre 2008 at 15 h 02 min | Permalink | Répondre

    Bonjour ErwinIls ont de la chance tes petits enfants…..merveilleuse ta biographie!AmitiésAschi

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